Emportement (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle. Dérivé d' emporter.
1. Mouvement du cœur, agitation que fait naître une passion. Ils s'embrassèrent avec . Un d'amour, de haine. Résister aux s de la jalousie.
2. Enthousiasme. Les s de la jeunesse. Se livrer avec à l'étude d'une science.
3. Très vif accès de colère. Parler avec . Ses s nous ont effrayés. Être sujet à des s.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de s'emporter. "Emportement de colère, de haine. Emportement d'amour, de joie."
Employé absolument, il s'entend d'un Emportement de colère. "Grand, violent, terrible emportement. D'horribles s. Dans ses s, il ne ménage personne. Il est sujet à des s, à l'emportement."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Mouvement déréglé, violent, qu'excite une passion.
CORN.: « Tous mes s pour la grandeur suprême »
RAC.: « N'attendez pas de moi ces doux s Tels que j'en vois paraître au coeur de ces amants »
LA BRUY.: « Il y a des biens que l'on désire avec »
VOLT.: « Secourons sa valeur qui devient imprudente, Et cet que nous désapprouvons »
VOLT.: « C'est dans l' du meurtre et du carnage »
MALFIL.: « Sages enfin après l'emportement, Ils jouissaient de ce repos charmant Où tombe une âme heureuse et satisfaite »
SÉGUR: « Qu'il y ait eu, dans les premiers moments, quelque dans le pillage, cela doit-il étonner d'une armée exaspérée par de si grands besoins, si souffrante, et composée de tant de nations ? »
DELAV.: « Ô bonheur de se voir adoré, Qu'avec mon coeur t'a désiré ! »

 2   Transport de colère.
CORN.: « De trop d' votre faute est suivie »
RAC.: « Mais ne voyais-tu pas, dans mes s, Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments ? »
RAC.: « Je n'ai trouvé que pleurs mêlés d'emportements »
ROLLIN: « Il [Artaxerce] en fit mourir un grand nombre dans des s de colère »
ROLLIN: « Le roi ne leur répondit que par des s et des injures »
D'OLIVET: « Les termes d' et de débauche qui peuvent blesser la religion et la pudeur »
D'OLIVET: « Dirait-on, à l' qui règne dans les écrits de Saumaise, que c'était au fond un homme facile et la douceur même, jusque-là qu'il se laissait dominer par une femme hautaine ? »

REMARQUE
    Bouhours dit : ' Nous avons vu naître ce mot sans que nous sachions précisément qui en est l'auteur. Il naquit durant les guerres civiles ; et on ne le prit d'abord que pour un mouvement et un transport de colère. '

ÉTYMOLOGIE
    Emporter.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Mouvement déréglé, violent, causé par quelque passion. "Emportement de colère, de haine. Emportement d'amour, de joie." Employé absolument, il s'entend d'Un de colère. "Grand, violent, terrible . D'horribles s. Dans ses s, il ne ménage personne. Il est sujet à des s, à l'emportement."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Mouvement déréglé, violent, causé par quelque passion. "Grand . Violent, terrible . Emportement de colère, de débauche. Emportement d'amour, de joie. Horriblesemportemens".
On dit, dans un sens contraire, "Noble , sage ".
Le mot d'"Emportement," mis absolument, signifie, "Emportement de colère".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Mouvement déréglé, violent, causé par quelque passion. "Grand . Violent, terrible . Emportement de colère, de débauche. Emportement d'amour, de joie. Horribles emportemens."
Le mot d'"Emportement," mis absolument, signifie, "Emportement de colère."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)



Mouvement déreglé, violent, causé par quelque passion. "Grand . violent, terrible , de colere, de desbauche. d'amour, de joye".
"Emportement," pris solitairement signifie ordinairement colere. "Avoir de l'emportement".




Emplacement dans le dictionnaire :

empoisonnement
empoisonner
empoisonneur
empoisser
empoissonnement
empoissonner
emport
emporté
emporte-pièce

emporter
empotage
empoté
empoter
empourprer
empoutage
empreindre
empreinte
empresse
empressement
empresser (s')




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...détruire, y trouvait le plaisir que tout être rencontre à accomplir sa fin. Le scepticisme et l'impiété lui plaisaient pour eux-mêmes. Mais nous qui ne sommes plus enivrés de cette joie du premier emportement, nous qui, revenus à l'âme, y avons trouvé l'éternel besoin de religion, qui est au fond de la nature humaine, nous avons cherché autour de nous, et, plutôt que de rester dans cette pénurie devenue...


Citation n°2 de Gaston LEROUX (Le Parfum de la dame en noir)

...réfléchir : - Oui, il faut être heureux ! Il le faut ! Ah ! certes, il était bien à bout de patience. Et, avant de s'éloigner à son tour, il eut un geste de protestation contre le mauvais sort, d'emportement contre la Destinée, un geste qui ravissait la Dame en noir, la jetait sur sa poitrine et l'en faisait le maître, à travers l'espace. Il n'eut pas plutôt fait ce geste, que ma pensée se précisa, ma...


Citation n°3 de Théodore de BANVILLE (Les Exilés)

...sert de parure, illumine ton flanc d'or et de sang. Tes blanches mains royales, aux lignes idéales, jettent comme un éclair de rose clair, et les bras et le torse, éblouissants de force, ont tout l'emportement de l'art flamand. Ton cou, blanc comme un cygne, montre une douce ligne d'un suave dessin ; et ton beau sein, ton sein lourd, où se pose un divin rayon rose, est fait d'un marbre dur veiné d'azur....


Citation n°4 de CHÊNEDOLLÉ (Journal de Chênedollé (1803-1833) : extraits)

...la tendresse. Quand on n'aime plus tout est calme et ce silence du coeur est celui de la tombe. amour : la véritable essence de l'amour est dans les passages subits et violents de la tendresse à l'emportement. Il n'est jamais plus près de s'emporter que quand il est le plus doux. Il n'est jamais plus près de redevenir soumis que lorsqu'il est emporté et c'est dans ces alternatives que consiste l'amour....


Citation n°5 de Auguste BARBIER (Iambes et poèmes)

...anneaux, enveloppe la salle et ternit les flambeaux ; le plafond tourne aux yeux ainsi que dans l'ivresse ; la chair a tout vaincu, l'âme n'est plus maîtresse, et l'homme n'est plus froid en cet emportement, car c'est la mer qui gronde en son lit écumant, c'est le vent qui tournoie en hurlantes rafales, c'est un troupeau fumant de bouillantes cavales, c'est la fosse aux lions. -malheur, hélas ! Malheur...


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